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Qu’est-ce que l’empreinte carbone, et comment la réduire ?

Ces cinq dernières années, tous les compteurs climatiques ont viré au rouge. Au cœur de toute cette polémique, la montée en flèche de l’empreinte carbone. Cette notion, qui revient de plus en plus, fait intervenir de nombreux facteurs qu’il faut comprendre pour savoir comment la réduire.

Définition de l’empreinte carbone

La notion qui a cristallisé tous les débats sur les enjeux écologiques, c’est celle de l’empreinte carbone. L’empreinte carbone désigne la quantité de gaz carbonique qui est produite à la suite de l’utilisation des différentes sources d’énergie et des matières premières.

Si « empreinte carbone » et « gaz à effet de serre » sont deux notions qui vont de pair, la raison est toute simple. Le fait est qu’au titre des gaz à effet de serre, il y a le dioxyde de carbone (CO²) qui est considéré par tous les spécialistes du climat comme le principal gaz responsable de la modification de l’atmosphère.

Ce gaz représente tout de même 74% de la totalité des émissions naturelles et humaines de gaz à effet de serre, loin devant le protoxyde d’azote, le méthane, l’ozone, les  hydrofluorocarbures, les hydrochlorofluorocarbures, les chlorofluorocarbures ou encore le tétrafluorométhane.

Si le dioxyde de carbone est à priori un gaz à effet de serre naturel,  la grande majorité de la quantité présente dans l’atmosphère à ce jour est produite par l’homme. De ce fait, pour évaluer l’empreinte carbone, il faut prendre en compte la quantité de CO² produite par un individu, une activité ou un pays après consommation des ressources naturelles, notamment la combustion des énergies fossiles et la privatisation de l’utilisation de l’énergie.

Calculer son empreinte carbone individuelle

Au regard de l’enjeu qui entoure la maîtrise de l’empreinte carbone de chaque acteur, il est important de savoir calculer son empreinte carbone individuelle. C’est un réflexe que très peu de personnes développent, parce que beaucoup pensent à tort que les émissions de CO² ne sont que le fait des constructeurs automobiles ou des sociétés de manufactures, des grandes usines ou des grandes entreprises. C’est un tort !

Vous seriez étonné de savoir à quel point un individu à lui seul participe au réchauffement de la planète dans ses gestes du quotidien. L’éclairage, le chauffage, l’utilisation des appareils électroniques et électroménagers du quotidien sont les premiers pôles de cette surconsommation. De même, la surconsommation des services digitaux liés à Internet contribue également à l’empreinte carbone individuelle.

Si vous possédez un smartphone, une tablette, un ordinateur portable, une voiture, un animal de compagnie ou tout simplement une famille… alors vous contribuez à l’augmentation de l’empreinte carbone. Il en est de même si vous consommez de la viande d’élevage, des fruits qui ne sont pas de saison ou qui ne sont pas produits localement ou si vous prenez régulièrement l’avion, notamment les vols transatlantiques.

Dans chacun des pôles de votre vie, il faut prendre en compte la quantité de carbone produite avant l’utilisation ou la consommation, celle produite pendant l’utilisation et celle produite en fin de vie. Le processus est tellement complexe et les implications en jeu sont tellement nombreuses que des calculateurs en ligne ont été mis au point pour calculer l’empreinte carbone.

Réduire l’empreinte carbone au quotidien

Tous les pôles de production de CO2 au quotidien se résument à 3 principaux points : l’alimentation, la mobilité et la consommation. Travailler efficacement sur chacun de ses points permettra de réduire sensiblement l’empreinte carbone au quotidien et nos émissions de gaz à effet de serre (GES).

Changer son mode d’alimentation

Dans le domaine de l’alimentation, plusieurs points sont à prendre en compte dans la démarche « zéro carbone ». Voyons lesquels !

Manger végétarien ou végétalien… ou en tout cas moins de viande

Il a été prouvé que l’élevage est l’une des activités qui produisent le plus de CO². L’empreinte carbone est non seulement le fait de la production de céréales servant à l’alimentation des animaux d’élevage, mais aussi à leur digestion. La plupart des ruminants produisent énormément de gaz à effets de serre au cours de leur processus de digestion.

L’ADEME, l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise  de l’Energie, considère que la production d’un seul kilo de viande bovine, en France, générait près de 13,1 kilos de CO2 ! A l’échelle internationale, un think tank mené sur le thème de l’eau a estimé qu’un kilo de viande nécessitait près de 13 000 litres d’eau… Ce genre d’alimentation n’est donc plus du tout en adéquation avec notre planète.

Manger bio et de saison

Alors mangeons des féculents, des fruits, des légumes, me direz-vous ! Oui, mais privilégions bien sûr les fruits de saison. Encore du bon sens… En effet, la production et le transport des fruits qui ne sont pas de saison demandent la mobilisation d’énormes ressources naturelles, que cela soit d’un point de vue logistique ou énergétique. Songez que la mangue venue du Brésil ou du Pérou a été transportée sur des milliers de kilomètres, généralement en avion… Bonjour le fruit “sain”… !

À cela s’ajoute le fait que l’agriculture non biologique fait intervenir le recours à des méthodes et des produits non écologiques, qui détruisent peu à peu l’écosystème et réduisent la fertilité des terres. En mangeant des fruits et légumes de saison, produits localement et issus de l’agriculture bio, vous luttez tout à la fois contre les produits venus du bout du monde, la surproduction, le gâchis alimentaire, vous réduisez l’empreinte carbone de votre alimentation, vous réduisez potentiellement le coût de votre alimentation (manger localement, c’est aussi acheter directement au producteur) et en plus… vous mangez sain !

Mobilité et empreinte carbone

Sachant que les principaux pôles d’émissions de dioxyde de carbone sont la voiture et l’avion, il est devenu impérieux de limiter l’empreinte carbone pour ralentir le réchauffement climatique. Reste à savoir les gestes à adopter.

Le covoiturage

Dans le domaine de la mobilité, il y a déjà de nombreuses initiatives en faveur de la réduction de l’empreinte carbone, dont le covoiturage. Cette pratique récente consiste à partager votre véhicule avec d’autres personnes devant se déplacer au cours des mêmes horaires et pour la même destination.

Si se déplacer seul dans une voiture qui a 4 ou 5 places ne vous semble pas un peu stupide (ou même déplacé), c’est que vous n’êtes pas encore habitué à ce mode de fonctionnement, et c’est bien dommage ! Pour vos trajets plus ou moins réguliers, le covoiturage (par exemple avec Blablacar) peut vous permettre de réduire votre empreinte écologique mais aussi de réaliser de substentielles économies !

En effet, le covoiturage permet aux passagers comme au conducteur d’économiser sur le coût du déplacement qui dépend essentiellement du carburant et d’éventuels péages.

Les voitures et les camions électriques électriques

La tendance des voitures électriques est très en vogue actuellement. La plupart des constructeurs automobiles multiplient les modèles fonctionnant exclusivement à l’électricité, utilisant à la place des batteries lithium-ion et des moteurs électriques qui produisent 0% de CO2.

Les constructeurs automobiles n’hésitent pas non plus à proposer des camions électriques pour le transport de marchandises. Il ne faut pas s’y tromper : la voiture électrique n’en est qu’à ses débuts, et il est aujourd’hui difficile de rouler exclusivement à l’électrique. Notons que les voitures en question restent assez chères et que les particuliers ne sont pas toujours suffisamment sensibilisés sur la pollution produite par leur auto.

Les vélos électriques & les trottinettes

Ceux-ci représentent de très  bonnes alternatives aux voitures électriques. Ces véhicules fonctionnent par assistance électrique grâce au concours d’une batterie et d’un moteur électrique. Ils sont indiqués pour les déplacements sur courte distance parce que leur autonomie est limitée.

Les transports en commun sont eux aussi plébiscités d’un point de vue écologique. De plus en plus de villes européennes, de petite ou de grande taille, optent d’ailleurs pour la gratuite (totale ou partielle) de ce mode de transport. On peut aussi penser à certaines villes, comme Paris, qui rendent les transports gratuits lors des pics de pollution. Mais pourquoi réagir seulement lorsque l’air est irrespirable ?!

Consommer responsable

La consommation responsable implique en premier la rationalisation des achats d’appareils électroniques et électriques, notamment le petit et le gros électroménager (ordinateur, écran, imprimante, appareil photo, tablette, smartphone, liseuse, console, téléviseur, machine à laver, séchoir, lave-vaisselle, four électrique, microonde, réfrigérateur). Réparer est infiniment plus écologique que de jeter pour acheter à neuf.

Ainsi, il faut penser à recycler, à donner ou à troquer vos appareils électroménagers plutôt qu’à les jeter systématiquement. Il en va de même pour l’utilisation des smartphones reconditionnés très en vogue actuellement.

Remettre en question nos modes de vie

Le rythme de plus en plus effréné de notre mode de vie est essentiellement à la base de l’augmentation de l’emprunte carbone de la planète. Il est évident qu’aujourd’hui, des actions individuelles sont très importantes dans le combat contre cette croissance. Elles impliquent notamment une totale remise en question du mode de vie actuelle en faveur de la surconsommation.

Toutefois, les actions individuelles sont loin d’être suffisantes dans cette lutte. Pour que le changement soit significatif, il est indispensable que la remise en question se fasse à l’échelle mondiale. Collectivement, à travers une prise de consience globale, nous sommes en capacité de ralentir le réchauffement climatique et de transmettre à nos enfants une planète vivable.

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