La clôture du 500e anniversaire de la Réforme marquée par les divisions sur l’homosexualité

«Ce culte XXL, sur le thème de la fraternité, montre la diversité du protestantisme», a souligné Joël Dahan, pasteur à la Fondation John Bost, en accueillant les quelque 8.000 participants au culte de clôture de «Protestants en fête» qui s'est tenu durant trois jours à Strasbourg pour marquer les 500 ans de la Réforme. À son côté, Christiane Ename, membre de l'Église Martin Luther King de Créteil, a appelé à «dépasser les différences», regrettant que «les convictions des uns puissent apparaître aux autres comme la trahison de l'Évangile». «Nous avons une histoire commune», a-t-elle rappelé.

Dans sa prédication, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF), qui avait revêtu sa robe noire de pasteur, a appelé les fidèles à «réfléchir et à penser». «L'identité chrétienne, protestante et évangélique accepte l'altérité, avec confiance et intelligence», a-t-il rappelé, en appelant les protestants à «être les vigies de la société». Entouré de pasteurs luthériens, mais aussi évangéliques, le réformé ne pouvait que relativiser l'absence du président du Conseil national des évangéliques de France (CNEF), Étienne Lhermenault. D'autant que l'Église catholique était présente à travers Mgr Didier Berthet qui s'est «émerveillé du chemin parcouru» au nom de l'œcuménisme, même s'«il n'est pas question d'aller jusqu'à la concélébration».

Le retrait du CNEF, au premier jour de «Protestants en fête», vendredi matin, n'est pourtant pas passé inaperçu, occasionnant de vifs remous dans la communauté protestante. En cause, sa désapprobation de la tenue d'un culte «inclusif» durant l'événement, destiné à accueillir les personnes homosexuelles, et la présence d'un stand de «l'antenne inclusive» de la paroisse strasbourgeoise Saint Guillaume (luthérienne) au «village des fraternités».

Des différences clivantes sur les questions éthiques

En dépit de ce couac, «toute la famille fédérative était là, les baptistes, les méthodistes, les pentecôtistes, l'Assemblée de Dieu», a souligné le pasteur réformé Christian Krieger, vice-président de la FPF et de l'Union des Églises d'Alsace-Lorraine (UEPAL). Pour lui, «ce n'est pas un membre de la fédération qui a quitté «Protestants en fête», mais un invité qui n'est pas venu». «C'est un non-événement, ils ont juste retiré leur stand», a-t-il ironisé. Lors de l'ouverture, c'est d'ailleurs le pasteur Christophe Kocher, militant pour «une Église inclusive», à l'origine du culte intégrant des personnes homosexuelles, qui avait accueilli les participants au rassemblement, au nom de ses collègues de Strasbourg. Même si l'UEPAL n'a toujours pas pris position sur la bénédiction du mariage de même sexe – contrairement à l'Église protestante unie de France – ses collègues ont fait bloc autour de lui.

«Il y a une grande diversité au sein de la fédération. Le dialogue est ouvert», a répété, à l'issue du culte, le président Clavairoly en s'étonnant de «certaines attitudes bellicistes». Il a cependant pu échanger, après le culte, avec les représentants des églises évangéliques de Strasbourg. «Il était important d'être là», a expliqué le pasteur méthodiste Daniel Rivaud, qui n'a cependant pas communié, pointant du doigt «les différences sur les questions éthiques». Michel Schneider, délégué du CNEF, s'inscrivant «dans une tradition rhénane», jugeait important de «rouvrir le dialogue» avec la fédération. Selon un observateur, «les évangéliques veulent se montrer clivants pour attirer les Églises issues de l'immigration», pour lesquelles la fédération développe son projet Mosaïque – créé en 2006 pour favoriser la rencontre et la collaboration des chrétiens protestants de diverses cultures et origines. Mais il y va aussi de la représentativité auprès du gouvernement. Par sa tradition, la FPF a une longueur d'avance…

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